La vie des esclaves

Esclaves marrons
Esclave marrons
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La vie d’un esclave est très pénible. Levés dès l’aube à 5 heures du matin par une “cloche” souvent à base d’un coquillage, les esclaves assistent à la prière et sont recensés et séparés en deux groupes : les aptes au travail qui partent immédiatement et les souffrants qui restent dans leur case jusqu’au passage du chirurgien. Les plus chanceux ont droit au petit déjeuner alors que d’autres doivent travailler jusqu’à 7 heures avant d’y prétendre. Le travail dans les plantations est harassant et personne ne peut se permettre de ralentir la cadence sous peine de recevoir des coups de fouet. Les esclaves sont placés en rang, enchainés aux pieds les uns aux autres. Sur l’heure du midi, les plus chanceux ont la possibilité de retourner se reposer dans leur case. Les autres demeurent dans les champs sous un soleil de plomb et une employée leur apporte un maigre repas.


Après un repos de 1 heure 30 – 2 heures, ils retournent aux champs travailler inlassablement jusqu’à la tombée de la nuit théoriquement. Certains, particulièrement les jeunes et les nouveaux arrivants, se doivent de travailler jusqu'aux aurores et n'ont droit qu'à 3-4 heures de sommeil. À ce moment, ils peuvent enfin rentrer, non sans devoir porter l’herbe pour le bétail. Après une dernière prière, ils prennent un dîner et peuvent enfin se reposer. Cependant, la nourriture manque régulièrement et les repas sont souvent maigres. La nourriture de base d’un esclave est composée de farine de manioc consommée sous forme de galettes, les cassaves. À cela sont rajoutés d’autres légumes racines et parfois un peu de salaison plus souvent à base de poisson. Les rations sont adaptées en fonction du rendement. Les plus chanceux ont le droit de cultiver trois plants de bananes plantains. Cependant, à partir de l’ordonnance royale du 7 septembre 1736, les colons se trouvent dans l’obligation de planter 25 plants de bananes plantain par esclaves possédés afin d’assurer la nourriture en quantité suffisante et ainsi éviter le vol.

Peu importe les conditions météorologiques ou des nombreuses plaies subies, ils sont tenus de tenir la cadence sous peine de châtiments corporels sévères s’apparentant à une torture sans fin. Souvent, ils n’ont rien pour se protéger du soleil brûlant et qu’un vieux sac posé sur les épaules pour se protéger des pluies. Le travail est encore plus harassant pendant la période des roulaisons dans les habitations sucrières. Les asservis les plus chanceux ont la chance d’être assignés aux travaux dans les caféières souvent bien moins pénibles et plus fragmentés. Cependant, lorsque le temps est menaçant pendant le temps des récoltes, tous les esclaves, même les domestiques et les ouvriers ayant un grade plus élevé, doivent aller aux champs afin d’aider les équipes sur place. Le dimanche n’est pas un jour de repos pour ces hommes et ces femmes obligés de récolter les ignames et les pommes de terre, battre le maïs et s’occuper du sel et des salaisons pour la semaine. Deux à trois fois par jour, le colon vient surveiller l’avancement des travaux et noter les comptes des contremaîtres afin de pouvoir distribuer les « corrections » le soir souvent sous forme de coups de fouet ou de nuits de travail.

La révolte gronde souvent dans le rang des esclaves lassés de leur condition et certains tentent de se révolter, s’enfuir, détruire les récoltes ou d’empoisonner leur maître. Les fugitifs, appelés nègres marron (nèg mawon ou marronage), qui sont attrapés se font fouetter, enfermer dans un cachot, amputer d’un membre ou marquer au fer. Mai 1790, après une révolte à l’Habitation la Rose, Jean Louis est exécuté sur la place publique accusé d’être instigateur d’une révolte importante. À l’époque, la Guadeloupe compte 90 000 esclaves pour 3 000 affranchis et 14 000 blancs. La région sainte-annaise, à forte concentration d’esclaves, est le siège d’un des premiers complots organisés par ces derniers. Les 15 et 16 mai 1791, la ville est ravagée par des incendies et des propriétaires blancs sont torturés. Ceux qui sont pris sont condamnés à mort. Par la suite, une grande insurrection se produit en août 1793. Des esclaves associés à des hommes libres de couleur prennent le contrôle des campagnes et pillent plusieurs domaines. 109, 116, 117, 118, 119, 120 , 122, 123, 124, 125, 151, 153 et 154

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